importants avaient été effectués vers une structure dont il ne connaissait pas le véritable bénéficiaire.
Il avait d’abord pensé à une fraude interne.
Puis il avait découvert que Claire avait accès à certaines autorisations numériques qu’il croyait désactivées.
Le passage suivant fit trembler les mains de Madeleine.
« J’ai aussi appris qu’une copie d’un supposé nouveau testament était montrée à certaines personnes.
Je n’ai jamais validé ce document.
Mon testament authentique reste déposé chez Maître Delmas.
Il protège notamment ton droit d’habiter la propriété principale à vie. »
Madeleine relut ces mots.
Son droit d’habiter la propriété à vie.
Claire l’avait donc chassée en sachant qu’elle n’en avait pas le droit.
Mais la lettre ne s’arrêtait pas là.
Adrien demandait à sa mère de ne pas confronter Claire seule.
Il indiquait que la clé USB contenait des copies de relevés, d’échanges électroniques et d’enregistrements.
Puis venait une dernière instruction.
« Si ma mort est soudaine, ouvre le fichier 17 octobre.
Il ne prouve peut-être rien.
Mais il expliquera pourquoi j’avais peur. »
Madeleine ferma les yeux.
Adrien était mort dans son bureau un jeudi soir.
Claire l’avait trouvé effondré près de son fauteuil.
Le médecin avait évoqué un arrêt cardiaque probablement lié à un trouble du rythme non diagnostiqué.
Adrien était sportif, mais ce genre de décès pouvait survenir sans avertissement.
Claire avait insisté pour organiser rapidement les obsèques.
« Il détestait les hôpitaux et les procédures », avait-elle expliqué.
Madeleine n’avait pas protesté.
Elle n’avait alors qu’une envie : que son fils retrouve enfin le repos.
À présent, le mot repos lui paraissait presque cruel.
La maison ne disposait pas d’ordinateur.
Le réseau téléphonique y était irrégulier.
Madeleine pensa à Henri Valette.
Ancien comptable et ami d’Adrien, Henri avait pris sa retraite quelques mois plus tôt.
Il vivait dans une petite commune voisine.
Madeleine marcha jusqu’à la route principale sous une pluie fine avant de capter suffisamment de signal.
Henri décrocha.
« Madeleine ? Comment allez-vous ? »
« J’ai besoin de vous montrer quelque chose. »
Il entendit probablement sa voix, car son ton changea immédiatement.
« Où êtes-vous ? »
Une heure plus tard, sa vieille berline apparut au bout du chemin.
Henri entra dans la maison avec un ordinateur portable sous le bras.
Lorsqu’il lut la lettre d’Adrien, il s’assit sans demander la permission.
« Vous saviez ? » demanda Madeleine.
« Pas tout. »
« Mais vous saviez quelque chose. »
Henri retira ses lunettes et frotta l’arête de son nez.
« En septembre, Adrien m’a demandé d’examiner plusieurs virements.
J’en ai trouvé quatre vers une société appelée Arven Conseil.
Au total, un peu plus de huit cent mille euros. »
Madeleine sentit sa gorge se serrer.
« Qui contrôlait cette société ? »
« C’est ce que j’essayais de découvrir.
Puis Adrien m’a demandé de cesser de lui écrire sur son adresse professionnelle.
Il pensait que quelqu’un surveillait ses messages. »
Ils branchèrent la clé USB.
Des dossiers apparurent à l’écran.
Relevés bancaires.
Copies de courriels.
Photographies.
Fichiers audio.
Henri ouvrit d’abord les documents financiers.
Les preuves étaient minutieuses.
Adrien avait annoté chaque transfert.
Plusieurs virements aboutissaient à une société écran dont le bénéficiaire final semblait être un homme nommé Nicolas Vernet.
Madeleine connaissait ce nom.
« C’est le cousin de Claire. »
Henri