Il a défendu son petit-fils jusqu’à ce que la vidéo parle

Mon père ouvrit de grands yeux.

« Tu vas faire venir une ambulance ici ? »

« Oui. »

« Devant tout le monde ? »

Je composai le numéro.

« Ma fille est blessée.

Elle ne peut pas bouger son bras après avoir été poussée violemment contre une porte. »

Mon père continua de parler derrière moi.

Il disait que j’exagérais.

Que les voisins verraient l’ambulance.

Que le propriétaire du chalet pourrait poser des questions.

Que Noël serait ruiné.

Pas une seule fois il ne demanda si Zoé avait besoin de quelque chose.

Les secours arrivèrent vingt-cinq minutes plus tard.

Une ambulancière s’accroupit près de Zoé.

« Comment tu t’appelles ? »

« Zoé. »

« D’accord, Zoé.

Je vais regarder ton bras sans le bouger.

Si quelque chose fait plus mal, tu me le dis. »

Pour la première fois depuis l’accident, un adulte parlait à ma fille comme si sa douleur comptait.

Elle se mit à pleurer.

Pas fort.

Simplement quelques larmes silencieuses qui coulèrent le long de ses joues.

Dans l’ambulance, elle me demanda :

« Papi est fâché contre moi ? »

Je lui pris la main gauche.

« Ce n’est pas ton problème maintenant. »

« Mais j’ai gâché Noël ? »

Cette question me transperça plus profondément que tout ce que mon père avait dit.

« Non.

Tu n’as rien gâché. »

À l’hôpital, une radiographie confirma une luxation traumatique de l’épaule avec atteinte des tissus environnants.

Le médecin expliqua qu’elle devrait porter une immobilisation, éviter certains mouvements et revenir pour un contrôle orthopédique.

« Le mécanisme correspond à un choc important », précisa-t-il.

« Elle n’est pas tombée toute seule ? »

Je regardai Zoé.

« Non.

Elle a été poussée. »

Le médecin hocha la tête et nota soigneusement les circonstances dans son compte rendu.

Après la réduction de l’épaule et les médicaments, la tension dans le visage de Zoé diminua enfin.

Nous étions dans une petite chambre séparée par un rideau bleu quand elle murmura :

« Maman, je dois te dire quelque chose. »

Je rapprochai ma chaise.

« Je t’écoute. »

Elle fixa sa couverture.

« Mathis m’embêtait déjà avant aujourd’hui. »

Je sentis mon ventre se nouer.

« Comment ? »

Elle me raconta les deux derniers jours.

Mathis avait caché ses écouteurs dans le congélateur.

Il avait déchiré un dessin qu’elle préparait pour moi.

Il lui avait pris le carnet bleu et s’était moqué des phrases qu’elle y écrivait.

Puis il lui avait dit que, si elle se plaignait, personne ne la croirait.

« Pourquoi il pensait ça ? » demandai-je.

Zoé hésita.

« Il a dit que papi choisissait toujours les garçons. »

Je fermai les yeux une seconde.

« Et aujourd’hui ? »

« Il avait mon carnet.

Je voulais juste le reprendre.

Il m’a dit de partir.

J’ai essayé de l’attraper et il m’a poussée. »

« Il t’avait déjà poussée avant ? »

Elle réfléchit.

« Pas comme ça.

Mais hier, dans l’escalier, il m’a bloquée contre la rambarde. »

« Laurent était là ? »

« Je ne sais pas. »

Puis elle ajouta :

« Mathis m’a dit de ne pas te raconter parce que tu allais encore payer pour tout le monde et qu’après on partirait comme si rien

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