pas vers moi.
Elle s’approcha d’Hugo et d’Inès.
« Est-ce que je peux vous parler une minute ? » demanda-t-elle.
Hugo me regarda.
Je lui laissai décider.
Il hocha la tête.
Diane s’accroupit légèrement pour être à la hauteur d’Inès.
« À Pâques, j’ai dit quelque chose de cruel et de faux.
Je vous ai fait croire que vous étiez moins de cette famille que les autres enfants.
Ce n’est pas vrai. »
Elle inspira.
« Et je ne vais pas vous demander de me pardonner tout de suite.
Je voulais seulement vous dire que j’avais tort. »
Inès observa le paquet qu’elle tenait.
« C’est de l’argent ? » demanda-t-elle.
Diane eut un sourire embarrassé.
« Non. »
« Tant mieux. »
Mon père étouffa un rire derrière sa main.
Inès ouvrit son paquet.
À l’intérieur se trouvait un petit cadre contenant une copie d’une vieille photographie de mon grand-père entouré de tous ses petits-enfants.
Pour Hugo, Diane avait apporté une photo différente : celle prise le jour de notre adoption, devant le tribunal, avec mes parents et ma grand-mère.
Au dos, elle avait écrit quelque chose, mais Hugo ne le lut pas à voix haute.
Il regarda seulement Diane.
« Merci. »
Ce n’était pas un pardon complet.
Ce n’était pas un grand moment de réconciliation parfaite.
C’était mieux que ça.
C’était réel.
Plus tard, alors que nous quittions la maison, Inès marchait devant moi en tenant son cadre contre sa poitrine.
Elle se retourna soudain.
« Papa ? »
« Oui ? »
« Tante Diane est bizarre. »
Je ris.
« Parfois. »
Elle réfléchit.
« Mais elle est quand même de la famille ? »
Je regardai Amélie, puis Hugo qui attendait près de la voiture.
« Oui », répondis-je.
« La famille, ce n’est pas seulement les gens qui ne se trompent jamais.
C’est aussi ceux qui acceptent de réparer ce qu’ils ont cassé. »
Inès hocha la tête comme si cette réponse lui suffisait.
Puis elle courut rejoindre son frère.
Ce dimanche-là, Diane avait cru que quelques enveloppes lui donnaient le pouvoir de décider qui appartenait à notre famille.
En réalité, elles avaient fait exactement l’inverse.
Elles avaient forcé chacun de nous à décider ce que le mot famille signifiait vraiment.