absence.
Le réveillon de Noël est arrivé dans une atmosphère très différente de ce que Diane avait imaginé.
À vingt kilomètres de là, sa famille s’est réunie dans le gîte réservé par Valérie.
D’après les photographies que j’ai reçues, les décorations étaient simples.
Les nappes ne correspondaient pas toutes.
Le repas avait été préparé par un traiteur et complété par plusieurs plats apportés par les invités.
Mais les gens souriaient.
La fête avait lieu sans mon travail gratuit, sans ma grande salle à manger et sans ma vaisselle.
Ce n’était donc pas impossible.
C’était seulement plus difficile que de tout me demander.
Thomas m’a envoyé un message vers vingt et une heures.
« Tout le monde a été remboursé des sommes demandées pour la réception.
Diane a rendu la partie qu’elle avait conservée, et nous avons complété ce qu’il manquait.
Je suis désolé de t’avoir laissée supporter autant de choses. »
Je lui ai répondu que j’étais heureuse pour les invités.
Puis je lui ai souhaité un bon Noël.
Je n’ai pas demandé si Diane était contrariée.
Je n’ai pas demandé ce qu’elle disait de moi.
Pour une fois, ses émotions n’étaient pas devenues ma responsabilité.
Lucie et moi avons passé notre réveillon dans son petit salon, devant une cheminée électrique et une table dressée pour deux.
Nous avons mangé une soupe de poisson, un peu de fromage et une tarte aux pommes qu’elle avait préparée le matin.
Pas de trois dindes.
Pas de vingt-cinq assiettes.
Pas de piles de casseroles à récurer.
Après le repas, nous avons écouté un vieux disque de jazz que Paul aimait beaucoup.
J’ai regardé les lumières du port au loin.
Et j’ai réalisé que je ne m’étais pas sentie aussi paisible depuis des années.
Quelques jours après Noël, Thomas est venu me voir.
Nous avons marché sur la promenade près de la plage.
Il avait les traits tirés et semblait chercher ses mots.
« Diane et moi avons beaucoup parlé », a-t-il commencé.
« Elle pense encore que tu as été trop dure.
Mais je lui ai dit qu’on n’aurait jamais dû te mettre dans cette position. »
Je l’ai écouté sans l’interrompre.
Il m’a expliqué qu’ils avaient décidé de consulter un conseiller conjugal.
Ils devaient aussi discuter sérieusement de leurs dépenses et de la façon dont Diane avait utilisé l’argent de sa famille.
Je n’ai pas essayé de résoudre leurs problèmes.
J’en avais déjà porté suffisamment.
Avant de repartir, Thomas s’est arrêté devant moi.
« Maman, est-ce que tu me pardonneras ? »
J’ai pris le temps de réfléchir.
« Je ne veux pas te perdre.
Mais j’ai besoin que tu me montres, avec le temps, que tu as compris. »
Il a hoché la tête.
« Je peux essayer. »
« C’est ce que j’attends. »
Nous nous sommes embrassés.
Ce n’était pas la réconciliation parfaite que l’on voit dans les films.
C’était quelque chose de plus difficile et de plus vrai : un commencement, avec des limites nouvelles.
En janvier, j’ai emménagé dans mon appartement près de l’océan.
Il était beaucoup plus petit que mon ancienne maison.
Deux chambres, une cuisine lumineuse, une terrasse assez grande pour quelques plantes et aucun escalier à monter avec des sacs de courses.
J’ai accroché une photographie de Paul près de la fenêtre.
J’ai placé