Désolée.
Je peux changer de siège. »
Elle regarda le hublot.
Puis son cerveau se réveilla enfin.
Des nuages s’étendaient à perte de vue.
« Attendez. »
Elle se redressa brutalement.
« Nous avons décollé ? »
L’homme observa son expression.
« Depuis un moment. »
« Où sommes-nous ? »
« Au-dessus de l’Atlantique. »
Le sang quitta le visage d’Élise.
« Non.
Je vais à Boston. »
L’homme regarda autour de lui comme s’il vérifiait l’existence d’une explication cachée dans la cabine.
« Ce serait difficile.
Nous allons à Paris. »
Élise resta bouche ouverte.
« Paris ? »
« Paris. »
« Vous plaisantez. »
« Rarement dans mon avion. »
Elle attrapa son téléphone.
Aucun réseau cellulaire.
« Faites demi-tour. »
« Nous sommes déjà loin de la côte. »
« Alors… alors faites quelque chose ! »
L’homme la fixa une seconde, puis son expression se détendit.
« Ne paniquez pas.
Une personne qui travaille seize heures et s’endort en moins de trente secondes n’est probablement pas une espionne très compétente. »
Élise fronça les sourcils.
« Comment savez-vous que j’ai travaillé seize heures ? »
« Votre badge est encore attaché à votre poche. »
Elle baissa les yeux.
Son badge indiquait son nom et sa profession.
L’homme lui tendit un verre d’eau.
« Alexander Blackwood. »
Élise faillit laisser tomber le verre.
Blackwood International possédait des entreprises de cybersécurité, des centres de données, des sociétés de robotique médicale et une plateforme de paiement utilisée dans plusieurs dizaines de pays.
Son fondateur apparaissait régulièrement dans les classements des plus grandes fortunes mondiales.
« Vous êtes ce Alexander Blackwood ? »
« Malheureusement, oui. »
« Et c’est votre avion ? »
« C’est généralement ce que signifie avion privé. »
Elle posa les mains sur son visage.
« Je suis montée dans le jet privé d’un milliardaire en croyant prendre un vol pour Boston. »
« Apparemment. »
« Vous allez me faire arrêter. »
« Pour avoir dormi ? »
« Pour intrusion. »
Alexander regarda vers l’arrière de la cabine.
« Je suis davantage préoccupé par la façon dont une inconnue a pu atteindre mon avion sans contrôle.
Ce problème concerne mon service de sécurité, pas vous. »
Une membre d’équipage vérifia le billet d’Élise et confirma rapidement l’erreur de porte.
Alexander aurait pu lui demander de rester seule jusqu’à Paris.
Au lieu de cela, il s’assit en face d’elle.
Ils parlèrent.
D’abord parce qu’Élise était trop nerveuse pour dormir.
Ensuite parce qu’Alexander semblait sincèrement curieux.
Il apprit qu’elle avait commencé dans un service de pédiatrie à Boston avant de devenir infirmière privée pour rembourser les dettes laissées par la maladie de sa mère.
Elle apprit qu’il avait créé sa première entreprise à vingt-trois ans et qu’il détestait les galas, les interviews et presque toutes les personnes qui prétendaient aimer parler de marchés financiers.
« Et si vous n’aviez plus besoin de travailler seize heures par jour ? » demanda-t-il.
« Que feriez-vous ? »
La question surprit Élise.
Elle réfléchit longtemps.
« J’ouvrirais un centre de garde médicale nocturne pour les familles qui ont des enfants fragiles.
Beaucoup de parents finissent aux urgences simplement parce qu’ils n’ont personne à appeler à deux heures du matin. »
Alexander ne répondit pas immédiatement.