», lança-t-il sans dire bonjour.
« Je sais. »
« Tu as changé le code ? »
« Non.
Le nouveau propriétaire l’a fait. »
Silence.
Julien ôta lentement ses lunettes.
« Qu’est-ce que tu racontes ? »
« J’ai vendu la maison. »
Pendant quelques secondes, il ne bougea plus.
Puis Hélène se rapprocha.
« Qu’est-ce qu’elle dit ? »
Julien leva une main pour la faire taire.
« Camille, tu n’avais pas le droit de faire ça sans me consulter. »
« J’étais l’unique propriétaire. »
« Nous sommes mariés. »
« Et nous avons un contrat de mariage que tu as signé. »
Sa mâchoire se contracta.
« Annule la vente. »
« Non. »
« Tu ne comprends pas ce que tu viens de faire. »
Camille regarda l’image sur son écran.
« Alors explique-moi. »
Il se tut.
Elle attendit.
Finalement, il lâcha :
« J’ai des engagements liés à cette propriété. »
Camille sentit son pouls accélérer, mais sa voix resta calme.
« Avec Belmar Capital ? »
Le visage de Julien changea.
Ce fut minuscule, mais suffisant.
« Comment connais-tu ce nom ? »
« Je connais aussi Marc Valen. »
Julien regarda autour de lui comme si quelqu’un pouvait se cacher derrière les chênes.
À cet instant, une seconde voiture s’arrêta devant le portail.
Marc Valen en descendit avec une femme tenant une sacoche de documents.
Julien pâlit.
« Qu’est-ce que tu as fait ? » souffla-t-il.
« J’ai corrigé une histoire que tu racontais avec mon nom, ma maison et une signature qui n’était pas la mienne. »
Valen s’approcha.
« Julien », dit-il d’une voix parfaitement calme.
« Nous devons parler. »
Hélène regardait de l’un à l’autre sans comprendre.
« Qui est cet homme ? »
Julien ne répondit pas.
Marc sortit plusieurs documents.
« Vous m’avez assuré que la propriété allait être transférée dans une structure contrôlée par votre couple.
Vous m’avez également fourni une autorisation signée par votre épouse.
Votre épouse affirme n’avoir rien signé. »
Hélène se tourna brutalement vers son fils.
« Julien ? »
« C’est un malentendu. »
« Non », répondit Marc.
« Un malentendu est une date incorrecte.
Une fausse autorisation est autre chose. »
Julien passa une main sur son visage.
« Camille était d’accord avec le principe. »
Depuis son téléphone, elle répondit immédiatement :
« C’est faux. »
Julien se retourna vers la caméra fixée près du portail, comprenant enfin qu’elle suivait la scène.
« Tu m’espionnes maintenant ? »
« Je regarde ce qui se passe sur une propriété dont je suis encore responsable jusqu’à la finalisation. »
Hélène éclata alors.
« Tout ça pour une maison ? Camille, vous avez un enfant ! Vous allez détruire votre famille pour des papiers ? »
Camille sentit une tristesse profonde remplacer sa colère.
« Non, Hélène.
Votre fils a utilisé mon identité et a enfermé sa femme et son nouveau-né dehors pour soutenir un mensonge financier.
Les papiers servent seulement à prouver ce qui s’est passé. »
Pour la première fois, Hélène ne trouva rien à répondre.
Marc annonça qu’il suspendait immédiatement tout financement supplémentaire de Belmar et exigeait un audit des fonds déjà versés.
Le frère de Julien, encore à Nassau, fut contacté le même jour concernant