Sa maîtresse m’a envoyé une photo… et a révélé bien plus qu’une liaison

À 2 h 46 du matin, la maîtresse de mon mari m’a envoyé une photo destinée à me briser.

Cinq minutes plus tard, cette même photo était entre les mains des huit personnes capables de lui retirer son poste avant le petit-déjeuner.

Je m’appelle Claire Delcourt.

Pendant quinze ans, j’ai été mariée à Marc Delcourt, président de Delcourt Habitat, l’un des groupes immobiliers les plus influents du Québec.

Les journaux racontaient volontiers comment Marc avait bâti son entreprise « à partir de rien ».

Ce n’était pas tout à fait vrai.

Au début, nous étions deux.

Il trouvait les terrains.

Je montais les dossiers financiers.

Il séduisait les investisseurs.

Je négociais les crédits.

Il parlait devant les caméras.

Je passais mes nuits à corriger les contrats, vérifier les projections et convaincre des partenaires qui ne voulaient pas miser sur un jeune entrepreneur de trente ans sans patrimoine.

Puis l’entreprise avait grandi.

Et à mesure que Delcourt Habitat devenait plus importante, mon rôle dans son histoire avait mystérieusement rétréci.

D’abord, Marc avait commencé à dire « mon entreprise » au lieu de « notre entreprise ».

Ensuite, il avait engagé des dirigeants qui ne savaient même pas que j’avais participé aux premières acquisitions.

Enfin, il m’avait encouragée à quitter mes fonctions opérationnelles.

« Tu as assez donné, Claire.

Profite un peu de ta vie. »

J’avais accepté, en partie parce que notre fils Thomas était encore adolescent, en partie parce que je croyais que mon mariage reposait sur quelque chose de plus solide qu’un organigramme.

J’avais néanmoins conservé 19 % des actions avec droit de vote.

Marc ne pouvait pas m’effacer totalement.

Pas encore.

Cette nuit-là, sa moitié du lit était vide depuis plusieurs heures.

Il était officiellement à Montréal pour rencontrer un fonds d’investissement américain.

Je ne trouvais plus étrange qu’il travaille tard.

Depuis presque un an, chaque semaine semblait contenir une urgence différente : réunions, voyages, crises avec des entrepreneurs, événements professionnels.

J’avais parfois soupçonné une liaison.

Puis je m’étais reproché ma méfiance.

Voilà peut-être ce qu’il y a de plus humiliant dans une trahison : avant de découvrir le mensonge, on passe souvent des mois à accuser son propre instinct.

À 2 h 46, mon téléphone vibra.

Numéro inconnu.

« Je crois que ceci t’appartient encore. »

Sous le message se trouvait une photo.

Je l’ouvris.

Marc était assis au bord d’un lit dans une suite de l’Hôtel Beaumont.

Chemise blanche ouverte au col, manches retroussées, verre de whisky à la main.

Il regardait quelqu’un hors champ avec cette expression détendue que je n’avais plus vue à la maison depuis longtemps.

Devant un miroir se tenait Camille Renaud, directrice de la communication de Delcourt Habitat.

Trente-cinq ans, élégante, brillante, toujours parfaitement préparée.

Marc disait souvent qu’elle était « indispensable à l’image du groupe ».

Sur la photo, elle portait sa veste de smoking sur une robe noire et souriait directement à l’objectif.

Ce sourire ne disait pas : je suis heureuse.

Il disait : maintenant, tu sais.

Je ressentis d’abord un froid brutal sous mes côtes.

Puis mon regard descendit vers sa main.

Camille tenait entre deux doigts une petite clé argentée.

Je connaissais cette clé.

Elle ouvrait le coffre de notre maison de campagne à Saint-Sauveur.

Marc la conservait habituellement dans un tiroir verrouillé de son bureau

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