Sa maîtresse m’a envoyé une photo… et a révélé bien plus qu’une liaison

souhaitait transférer plusieurs actifs immobiliers vers une structure indépendante dans le cadre, officiellement, d’une opération de refinancement.

Le comité d’audit avait posé des questions sur l’évaluation anormalement basse des immeubles.

Marc avait insisté : l’opération devait être approuvée rapidement.

« Le dossier bleu pourrait être celui-là », dit Étienne.

« À qui appartiendrait la société qui reçoit les actifs ? »

« C’est justement ce que nous essayons d’établir. »

À cet instant, je compris pourquoi la liaison elle-même cessait presque d’être le problème principal.

Marc ne risquait pas seulement de perdre son mariage.

Il pouvait être en train d’utiliser l’entreprise pour une opération que même son propre conseil ne comprenait pas.

Et quelqu’un avait préparé des documents prétendant que j’y consentais.

À 3 h 18, mon interphone extérieur s’alluma.

Une berline sombre venait de s’arrêter devant la maison.

Je consultai la caméra.

Julien Vasseur, directeur financier de Delcourt Habitat, se tenait sous la pluie.

Il avait travaillé aux côtés de Marc pendant dix ans.

Lors des réunions, il intervenait rarement contre lui.

Cette nuit-là, il paraissait terrifié.

« Étienne, Julien est devant chez moi. »

« Ne le laissez pas entrer. »

Julien leva les yeux vers la caméra et montra une pochette transparente.

À travers le plastique, je distinguai des documents portant une reproduction de ma signature.

Je descendis.

Je gardai la chaîne de sécurité sur la porte.

« Pourquoi êtes-vous ici ? »

Julien regarda la rue avant de répondre.

« Parce qu’à six heures, Marc doit présenter des documents attestant que vous soutenez la restructuration. »

« Je ne la soutiens pas. »

« Je sais. »

Il glissa la pochette par l’ouverture.

« Et je ne pense pas que vous ayez signé ça. »

Sur trois documents, ma signature apparaissait au-dessus de mon nom.

Elle était excellente.

Presque parfaite.

Mais le premier C formait une boucle vers la droite.

Depuis l’adolescence, je le dessinais vers la gauche.

Un détail ridicule.

Un détail suffisant.

« Qui vous a donné ces documents ? »

Julien passa une main sur son visage mouillé.

« Ils sont apparus hier soir dans le dossier destiné au conseil.

J’ai demandé au service juridique d’où venaient les signatures.

On m’a répondu que le cabinet du président les avait fournies. »

« Le cabinet du président signifie Marc ou Camille. »

Julien ne répondit pas.

Il n’en avait pas besoin.

« Pourquoi me prévenir maintenant ? »

La question le blessa visiblement.

« Parce que j’ai passé dix ans à croire que mon travail consistait à protéger l’entreprise.

Ces derniers mois, j’ai surtout protégé Marc.

Ce n’est pas la même chose. »

Il m’expliqua qu’il avait commencé à soupçonner quelque chose lorsque plusieurs évaluations immobilières avaient été modifiées à la dernière minute.

Chaque correction réduisait la valeur des actifs destinés au transfert.

Lorsqu’il avait demandé une justification, Marc lui avait répondu qu’un acquéreur stratégique entrerait plus tard au capital.

Mais aucun acquéreur n’apparaissait officiellement.

« Et la société bénéficiaire ? » demandai-je.

Julien baissa la voix.

« Northbridge Holdings. »

« Qui la contrôle ? »

Il hésita.

« Sur le papier, votre fils. »

Pendant une seconde, je crus ne pas comprendre.

« Thomas ? »

Il acquiesça.

Thomas avait vingt-trois ans.

Il étudiait l’architecture à Londres.

Il connaissait à peine les

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