Il a brûlé sa robe sans savoir qui possédait réellement son entreprise

troisième.

Il aurait voulu disparaître avant qu’on ne l’appelle.

Mais partir aurait été pire.

Le premier cadre monta sur scène.

Puis le deuxième.

Claire remit à chacun leur insigne avec quelques mots privés.

Enfin :

« Monsieur Julien Martin, nommé directeur régional des opérations. »

Les applaudissements éclatèrent.

Julien avança.

Chaque pas lui parut interminable.

Claire l’attendait sur l’estrade.

Antoine se tenait à deux mètres d’elle.

Lorsqu’il arriva à sa hauteur, Julien murmura :

« Il faut que je t’explique. »

Claire conserva son sourire protocolaire.

« Pas ici. »

« Je ne savais pas. »

Ses yeux se posèrent enfin dans les siens.

« Je sais. »

Deux mots.

Julien comprit immédiatement pourquoi ils étaient terribles.

Je ne savais pas que tu étais puissante.

Je ne savais pas que tu pouvais me nuire.

Je ne savais pas que tu possédais ce que je voulais impressionner.

Aucune de ces phrases ne constituait une défense.

Au contraire.

Elles confirmaient que son comportement aurait été différent seulement si Claire avait possédé un statut qu’il respectait.

Antoine tendit à Claire un écrin contenant l’insigne symbolique de la fonction.

Julien avança la main.

À cet instant, Étienne monta sur scène.

Il tenait un dossier gris.

« Antoine. »

Le directeur général se pencha.

Étienne lui murmura quelques mots.

Le visage d’Antoine changea.

Claire le remarqua immédiatement.

« Qu’y a-t-il ? » demanda-t-elle.

Antoine hésita.

« Nous avons un problème de conformité lié à cette nomination. »

Julien recula légèrement.

Claire tourna les yeux vers lui.

Cette fois, son expression n’avait rien de personnel.

Elle était celle d’une présidente de conseil devant un risque d’entreprise.

« De quelle nature ? »

Antoine ouvrit le dossier.

« Trois contrats attribués à des prestataires logistiques présentent des anomalies.

Le responsable conformité a reçu ce soir des pièces indiquant qu’un bénéficiaire indirect serait lié à Monsieur Martin. »

Julien pâlit.

« C’est absurde. »

Plusieurs conversations cessèrent dans la salle.

Antoine fit un geste au maître de cérémonie, qui coupa le microphone principal.

Mais il était trop tard : les personnes proches avaient entendu.

« Nous pouvons régler ça en privé », dit Julien.

Claire referma lentement l’écrin.

« C’est exactement ce que nous allons faire. »

Elle se tourna vers Antoine.

« La nomination est suspendue jusqu’à examen.

Aucun commentaire public supplémentaire ce soir. »

Julien ouvrit la bouche.

Puis une voix retentit derrière lui.

« J’ai transmis les documents. »

Camille se tenait au pied de l’estrade.

Le visage de Julien se décomposa.

« Quoi ? »

Camille serrait son téléphone à deux mains.

« J’ai envoyé les copies à la conformité. »

« Pourquoi ? »

Elle le fixa avec colère.

« Parce que tu m’as menti. »

« Sur quoi ? »

« Sur beaucoup de choses, manifestement.

Mais surtout sur les contrats Bellier Transit. »

Philippe Dervaux se leva.

« Camille. »

Elle regarda son père.

« Papa, j’allais t’en parler demain.

Je voulais d’abord transmettre les preuves officiellement. »

Julien descendit une marche.

« Camille, tu ne comprends pas ce que tu as vu. »

« Alors explique pourquoi tu m’as demandé de supprimer nos messages. »

Il s’arrêta.

Claire observa son mari.

Un détail lui revint soudain.

Trois mois plus tôt, Julien était rentré tard en disant qu’un fournisseur menaçait de

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