lut deux fois.
Puis elle posa son téléphone face contre la table.
Son avocate ne sourit pas.
« Gardez tout.
Ne répondez pas sous le coup de l’émotion.
Et surtout, ne signez rien. »
Marc, de son côté, tenta de revenir en arrière.
D’abord avec des messages agressifs.
Puis avec des excuses.
Enfin avec des souvenirs.
« Je sais que j’ai paniqué. »
« Nous avons vécu trop de choses pour tout jeter. »
« Je veux être présent pour le bébé. »
Élise ne répondit qu’à ce qui concernait les rendez-vous médicaux nécessaires et les démarches légales.
Trois semaines plus tard, Marc demanda à la rencontrer dans un parc.
Il avait mauvaise mine.
Chloé l’avait quitté.
Sa propre sœur refusait désormais de prendre parti après avoir vu certains messages.
Même sa mère avait cessé d’appeler Élise pour l’insulter.
Marc resta debout devant un banc.
« Je voudrais qu’on recommence. »
Élise le regarda.
« Pourquoi ? »
« Parce que j’ai compris que j’avais fait une erreur. »
« Une erreur, c’est oublier un anniversaire.
Ce que tu as fait demandait plusieurs décisions.
Mentir à Chloé.
M’accuser.
Faire préparer un dossier.
Publier cette photo.
Laisser ta famille m’humilier.
Venir à mon échographie pour obtenir la preuve que tu pensais pouvoir utiliser contre moi. »
Marc baissa les yeux.
« J’avais peur de perdre l’appartement et tout ce qu’on avait construit. »
« Tu avais surtout peur d’assumer que tu voulais partir. »
Il ne répondit pas.
Élise posa une main sur son ventre, désormais légèrement arrondi.
« Ce bébé aura un père s’il choisit d’agir comme un père.
Mais il n’aura pas une mère obligée de retourner vivre avec un homme qui a eu besoin de la salir pour se sentir innocent. »
Marc pleura alors.
Élise ne ressentit aucune satisfaction.
Seulement une immense fatigue.
Elle se leva.
« Nous réglerons le reste avec nos avocats. »
Les mois suivants furent moins spectaculaires mais plus difficiles.
Il y eut les rendez-vous médicaux, les papiers, la mise à plat des comptes, les nuits d’insomnie et les appels auxquels Élise ne répondait plus.
La grossesse, heureusement, continua normalement.
Au septième mois, Marc demanda à assister à une échographie.
Cette fois, il passa par Élise au lieu d’arriver sans permission.
Elle accepta.
Il resta silencieux pendant l’examen.
Quand l’image du bébé apparut, il pleura discrètement.
Mais Élise ne confondit pas ses larmes avec une réparation.
Certaines choses peuvent être regrettées sans être effacées.
Leur fille, Nina, naquit un matin de novembre alors que la pluie battait contre les fenêtres de la maternité.
Elle pesait un peu plus de trois kilos et avait une touffe de cheveux noirs.
Quand l’infirmière la posa contre la poitrine d’Élise, celle-ci sentit le monde devenir silencieux.
Marc fut autorisé à venir plus tard.
Il s’approcha du berceau avec une prudence presque douloureuse.
« Elle est magnifique », murmura-t-il.
Élise acquiesça.
Le test de paternité demandé dans le cadre de leur procédure confirma quelques semaines plus tard ce que la chronologie médicale avait toujours rendu probable : Marc était bien le père.
Il ne fit aucune publication triomphante.
Élise non plus.
Elle n’avait plus besoin que le quartier, sa belle-famille ou les anciens amis sachent qu’elle avait eu raison.
La vérité avait cessé d’être une arme.
Elle était