simplement devenue un sol solide sous ses pieds.
Le divorce fut finalement prononcé plusieurs mois après la naissance de Nina.
L’accord financier fut très différent de celui que Marc avait tenté de lui imposer dans la brasserie.
Élise conserva ses droits sur l’appartement et une organisation fut mise en place pour que Marc voie sa fille régulièrement.
Un dimanche de printemps, Élise se retrouva seule avec Nina dans le salon.
Le soleil traversait les rideaux.
Le vieux chat dormait près de la fenêtre.
Nina, allongée sur une couverture, referma sa petite main autour de l’index de sa mère.
Élise pensa alors au premier jour, au test de grossesse, au couteau posé dans la cuisine, à l’échographie, au battement de cœur et à cette deuxième petite présence qui n’avait pas survécu.
Elle avait cru que le miracle était simplement d’être enceinte.
Elle comprenait maintenant qu’il avait pris une autre forme.
Le miracle n’était pas que Marc soit revenu vers elle.
Il n’était pas qu’il ait finalement reconnu ses mensonges.
C’était d’avoir découvert la vérité avant de signer les papiers qui auraient livré son avenir à quelqu’un qui avait déjà choisi de la sacrifier pour protéger le sien.
Élise souleva Nina contre son épaule.
La petite fille poussa un soupir endormi.
« Toi et moi », murmura Élise.
Puis elle regarda la lumière avancer lentement sur le parquet.
Pour la première fois depuis des mois, aucune porte ne claquait derrière elle.
Et elle n’attendait plus que quelqu’un revienne.