Ils l’ont abandonnée devant le palace sans savoir qu’il lui appartenait

Hugo.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Il passa une main sur sa nuque.

« Maman, tu savais que je t’avais donné des modèles. »

« Tu m’avais dit qu’ils étaient libres d’utilisation ! »

« Je n’ai jamais dit ça. »

Le masque social de Sabine venait de tomber.

« Ne me mets pas ça sur le dos.

C’est toi qui m’as dit que Nora ne s’en servait plus. »

Nora sentit un poids étrange quitter sa poitrine.

Ils n’avaient déjà plus besoin d’elle pour se détruire.

« Hugo », dit-elle calmement.

« Comment as-tu obtenu mes fichiers ? »

Il ne répondit pas.

« Je veux t’entendre le dire. »

« Ton ordinateur était ouvert. »

« Ce n’est pas vrai. »

Il serra la mâchoire.

« Tu m’avais donné le mot de passe. »

« Pour imprimer des billets de train. »

« Je voulais seulement aider maman avec sa présentation. »

« Alors tu as copié des dossiers confidentiels. »

« Je ne pensais pas que c’était si grave. »

Nora eut presque envie de sourire.

Cette phrase aussi ressemblait à leur mariage.

Ce n’est pas si grave.

Quand sa mère l’insultait.

Quand sa sœur se moquait.

Quand il transmettait son travail sans permission.

Rien n’était jamais assez grave pour qu’Hugo prenne son parti.

Pascal referma le dossier.

« La candidature de Maison Lemaire doit être retirée de la procédure jusqu’à la fin de l’examen juridique. »

Les autres administrateurs approuvèrent.

Sabine se pencha en avant.

« Vous ne pouvez pas faire ça pour une dispute familiale ! »

« Ce n’est pas une dispute familiale », répondit Pascal.

« Il s’agit de l’origine de documents utilisés dans une procédure commerciale. »

Nora n’ajouta rien.

Elle n’en avait pas besoin.

Le pouvoir avait déjà changé de côté.

Après la réunion, Hugo la suivit jusque dans le couloir.

« Nora, attends. »

Elle continua jusqu’à son bureau.

« S’il te plaît. »

Elle s’arrêta enfin.

Il avait perdu l’expression défensive qu’il portait depuis des mois.

Il semblait soudain plus jeune, presque effrayé.

« J’ai fait une erreur », dit-il.

« Laquelle ? »

Il fronça les sourcils.

« Tout ça. »

« Non.

Dis-moi laquelle. »

« Les fichiers.

J’aurais dû te demander. »

« Et cet après-midi ? »

« Maman était stressée.

Le contrat peut sauver son entreprise. »

Nora le regarda en silence.

Même maintenant, il expliquait Sabine avant de parler d’elle.

« Quand elle m’a demandé de descendre du minibus, pourquoi n’as-tu rien dit ? »

« Je voulais éviter une scène. »

« Il y avait déjà une scène, Hugo.

Tu as simplement choisi la personne qui devait la subir. »

Il baissa les yeux.

« Je ne savais pas que tu possédais le domaine. »

La phrase sortit avant qu’il puisse la retenir.

Nora resta parfaitement immobile.

Hugo comprit immédiatement.

« Ce n’est pas ce que je voulais dire. »

« Pourtant, c’est exactement le problème. »

« Nora— »

« Si tu avais su que j’étais propriétaire, tu m’aurais défendue ? »

Il ne répondit pas.

« Si j’avais réellement été la femme sans argent que ta mère pense que je suis, est-ce que j’aurais mérité d’être abandonnée devant cette grille ? »

« Bien sûr que non. »

«

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *