Ils l’ont chassé pour sa chemise sale… puis l’inconnue est arrivée

Ce n’est pas grave. »

« Si, justement. »

Marc murmura :

« Élodie, pas devant tout le monde. »

Gérard vit le visage de sa fille changer.

Elle comprenait soudain que le problème n’était plus une chemise tachée.

Le problème existait depuis des années.

Et ils venaient seulement d’arrêter de le cacher.

Gérard descendit les marches.

Des phares apparurent alors au bout de l’allée.

Une grande berline sombre approcha lentement et s’arrêta juste derrière sa voiture.

Le chauffeur descendit, contourna le véhicule et ouvrit une portière arrière.

Madeleine en sortit.

Elle avait remplacé son manteau clair par un long manteau noir qu’elle avait visiblement récupéré quelque part.

Son visage s’éclaira lorsqu’elle vit Gérard.

« Monsieur Morel ! »

Puis elle remarqua les personnes figées sur le perron.

Philippe Delcourt devint blanc.

« Madame Vasseur. »

Gérard fronça les sourcils.

Madeleine gravit quelques marches.

« Monsieur Morel, je crois que mon téléphone est resté avec vos outils. »

Gérard porta immédiatement la main à sa veste et sentit un rectangle dans la poche.

« Bon sang.

Vous avez raison. »

Il lui tendit l’appareil.

« Pardonnez-moi. »

« Vous m’avez réparé une voiture gratuitement sous la pluie.

Je vous pardonne volontiers un téléphone égaré pendant trente minutes. »

Son regard se porta sur la chemise tachée de Gérard.

Puis sur Marc.

Puis sur Hélène et Philippe.

« Je dérange quelque chose ? »

Personne ne répondit.

Élodie fut la seule à ne pas détourner les yeux.

« Ils viennent de demander à mon père de partir parce qu’il est sale. »

Marc ferma les yeux une fraction de seconde.

Madeleine observa Gérard.

« Sale parce qu’il réparait ma voiture ? »

Cette question tomba au milieu d’eux comme un objet lourd.

Philippe tenta de sourire.

« Il s’agit d’un simple malentendu. »

« Bien sûr », répondit Madeleine.

Le sourire de Philippe disparut.

Gérard demanda doucement à sa fille :

« Qui est-elle ? »

Élodie hésita.

Ce fut Marc qui répondit.

« Madeleine Vasseur préside Vasseur Participations. »

Le nom disait vaguement quelque chose à Gérard.

Philippe compléta malgré lui :

« Son groupe est en discussion pour reprendre notre société. »

Gérard comprit.

Depuis presque un an, Philippe parlait d’un rachat comme d’une victoire annoncée.

Sa société de distribution industrielle avait grandi trop vite, puis souffert de plusieurs contrats perdus.

L’arrivée d’un grand investisseur devait refinancer la dette, sauver les emplois et permettre à Philippe de rester aux commandes de la division régionale.

Madeleine était donc l’une des personnes les plus importantes de sa vie professionnelle.

Et il ne l’avait pas reconnue lorsqu’elle se tenait seule au bord d’une route.

Gérard sentit une ironie étrange l’envahir.

Il avait aidé Madeleine précisément parce qu’il ignorait qui elle était.

Philippe et Marc l’avaient chassé précisément parce qu’ils croyaient qu’il n’était personne.

Madeleine sembla arriver à la même conclusion.

« Je devais simplement récupérer mon téléphone », dit-elle.

« Mais cette soirée devient instructive. »

Hélène intervint :

« Entrez au moins prendre un verre. »

Madeleine regarda Gérard.

« Seulement si Monsieur Morel entre aussi. »

Tout le monde resta silencieux.

Gérard baissa les yeux vers ses chaussures boueuses.

« J’aurais peur pour le tapis. »

Madeleine sourit.

« Je crois qu’il survivra. »

Élodie prit le bras de son

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