Il ne jouait pas la surprise.
Elle le savait parce qu’elle avait vu Victor mentir à des policiers, à des banquiers et à des associés furieux.
Quand il mentait, son visage devenait lisse.
Maintenant, il paraissait réellement déstabilisé.
« Mon père m’a donné cette bague avant sa mort », dit-il.
« Il m’a dit qu’elle appartenait à ma mère. »
Vernier posa les mains sur la table.
« Alors votre père vous a menti. »
Victor se leva enfin.
« Pourquoi votre sœur travaillait-elle pour lui ? »
« Comptabilité.
Organisation.
Elle connaissait tous les mouvements de ses sociétés. »
« Et pourquoi a-t-elle disparu ? »
Vernier rit sans joie.
« Si je le savais, pensez-vous que nous serions en train de dîner ? »
Claire intervint doucement.
« Antoine pensait qu’elle avait une relation avec Étienne Delcourt. »
Victor tourna la tête.
« Mon père ? »
« Marianne refusait de dire avec qui elle était », poursuivit Vernier.
« Elle disait seulement que c’était dangereux.
Puis elle a disparu.
Votre famille a quitté Marseille deux semaines plus tard. »
Victor regarda l’alliance.
Puis Élise.
Et Antoine Vernier comprit quelque chose.
Son regard passa de l’un à l’autre.
Il remarqua sans doute la façon dont Élise se tenait un peu trop loin de Victor.
L’absence de photographies de mariage.
La bague légèrement trop grande.
« Vous n’êtes pas mariés », dit-il.
Victor ne répondit pas.
Vernier eut un sourire froid.
« Vous m’avez fait venir ici pour jouer au couple parfait ? »
« J’ai fait ce qui était nécessaire pour obtenir une conversation », répondit Victor.
« Vous m’avez insulté. »
« Antoine », dit Claire.
Élise retira l’alliance.
Les quatre regards se tournèrent vers elle.
« Le mariage est faux », dit-elle.
« Mais sa réaction à cette bague ne l’est pas. »
Vernier la fixa.
« Et vous êtes qui ? »
« Sa gouvernante. »
Claire cligna des yeux.
Victor ferma brièvement la mâchoire.
Élise posa l’anneau sur la nappe.
« Et je sais peut-être où chercher. »
Victor tourna vers elle un regard brutal.
« Chercher quoi ? »
Élise hésita.
Trois semaines plus tôt, pendant des travaux mineurs dans le petit bureau du deuxième étage, elle avait remarqué qu’un panneau mural bougeait légèrement.
Derrière se trouvait une cavité contenant une enveloppe jaunie.
Elle l’avait ouverte.
À l’intérieur : une photographie, une petite clé et une feuille pliée portant quelques lignes presque effacées.
Rien qui ressemble à un document financier.
Pensant qu’il s’agissait d’archives familiales oubliées, Élise avait placé l’enveloppe dans une boîte destinée aux papiers anciens.
Elle n’en avait jamais parlé à Victor.
« J’ai trouvé quelque chose dans le bureau du deuxième », dit-elle.
Le visage de Victor se ferma.
« Quand ? »
« Il y a trois semaines. »
« Et vous ne me l’avez pas dit ? »
« Vous ne m’avez jamais demandé de vous signaler chaque photographie ancienne trouvée dans un mur. »
Vernier se redressa.
« Quelle photographie ? »
Élise quitta la pièce.
Victor la suivit jusqu’au couloir.
« Élise. »
Elle se retourna.
« Quoi ? »
« Vous auriez dû me le dire. »
« Peut-être.
Mais jusqu’à ce soir, je pensais que c’était une vieille photo sans importance. »
Il la