Il engagea sa gouvernante comme épouse, puis une alliance révéla un secret enterré

rouge.

Vous savez ce que c’est ? »

Victor regarda Élise.

Elle comprit avant qu’il parle.

« Le coffre du bureau », dit-elle.

Victor acquiesça.

Ils retournèrent immédiatement à l’hôtel particulier.

Le coffre mural du bureau principal n’avait rien d’ancien ni de mystérieux.

Élise connaissait son existence depuis longtemps mais n’en connaissait pas la combinaison.

Victor l’ouvrit.

À l’intérieur se trouvaient des liasses de documents, deux armes et plusieurs dossiers.

Aucun n’était rouge.

« Mon père a dû le déplacer », dit Victor.

Élise regarda autour d’elle.

Puis son attention s’arrêta sur une étagère.

Elle connaissait cette pièce mieux que Victor ne l’imaginait.

Chaque mercredi, elle retirait les livres, dépoussiérait le bois, puis les replaçait exactement dans le même ordre.

Un volume avait toujours été différent.

Un atlas relié de cuir rouge que Victor n’ouvrait jamais.

Élise le sortit.

Il était trop léger.

La couverture était creuse.

À l’intérieur se trouvait une chemise de documents.

Rouge.

Victor la fixa.

« Depuis combien de temps saviez-vous que c’était vide ? »

« Depuis trois ans. »

« Et vous n’avez jamais regardé ? »

« J’avais un emploi que je souhaitais conserver. »

Antoine Vernier eut un rire bref malgré lui.

Victor ouvrit le dossier.

Les documents détaillaient des transferts de fonds, des sociétés écrans et des paiements datant de 2004.

Un nom revenait plusieurs fois.

Henri Beaumont.

Vernier se figea.

« Vous le connaissez ? » demanda Élise.

Victor répondit :

« Tout le monde le connaît. »

Henri Beaumont était aujourd’hui un homme d’affaires respecté, président d’une fondation culturelle et ancien partenaire d’Étienne Delcourt.

Il avait également été, vingt-deux ans plus tôt, marié à la fille d’une des familles les plus puissantes de la côte méditerranéenne.

Et selon une lettre de Marianne, il était le père biologique de Victor.

Mais il y avait pire.

Le dossier contenait la copie d’un paiement effectué deux jours après la disparition de Marianne à une société de sécurité privée.

Le bénéficiaire final était un homme de Beaumont.

Antoine Vernier s’appuya sur le bureau.

« Il l’a fait disparaître. »

Victor ne répondit pas.

Élise examina une feuille séparée.

« Pas forcément. »

Les trois autres la regardèrent.

« Il y a un billet de train.

Marseille vers Genève.

Deux jours après sa disparition.

Au nom de Marianne. »

Vernier saisit la feuille.

« Elle aurait pu être forcée. »

« Ou aidée à partir », dit Claire.

Victor ouvrit un autre document.

Une photographie récente tomba sur le bureau.

Pas récente de quelques années.

Récente de quelques mois.

On y voyait une femme d’une cinquantaine d’années quittant une boulangerie dans une petite ville suisse.

Au dos, une date.

Février de cette année.

Antoine Vernier s’assit.

« C’est elle. »

Sa voix devint presque inaudible.

« Marianne est vivante. »

Victor prit la photo.

Il la regarda longtemps.

Pour la première fois depuis qu’Élise le connaissait, toute la dureté de son visage sembla disparaître.

Il ne ressemblait plus au patron que les autres craignaient.

Il ressemblait simplement à un homme de trente-six ans découvrant que la mère qu’il croyait morte avait peut-être vécu toute sa vie quelque part sans lui.

« Pourquoi n’est-elle jamais revenue ? » murmura-t-il.

Personne ne pouvait répondre.

Au bas du dossier se trouvait une adresse à Montreux.

Victor décrocha

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