regarda quelques secondes.
« Vous avez peur ? » demanda-t-il.
La question la surprit.
« De vous ? »
« De ce qui est en train d’arriver. »
Élise pensa à l’enveloppe dans les archives.
À la tension de Vernier.
À la bague.
« Oui. »
Victor acquiesça.
« Moi aussi. »
C’était la première fois qu’elle l’entendait prononcer ces mots.
Ils montèrent ensemble.
Dans le petit bureau, Élise ouvrit le placard d’archives et sortit l’enveloppe.
Victor tendit la main.
Elle ne la lui donna pas tout de suite.
« Vous m’avez promis que ce soir nous étions partenaires. »
Il la regarda.
« Vous prenez cette histoire très au sérieux. »
« Quinze mille euros devraient acheter un minimum de cohérence. »
Cette fois, Victor sourit réellement.
Très brièvement.
Puis ils redescendirent.
Quand Élise posa la photographie sur la table, Antoine Vernier cessa presque de respirer.
Une jeune femme aux cheveux noirs se tenait devant une villa méditerranéenne.
Elle portait une robe blanche simple et regardait la personne derrière l’appareil avec un sourire intime.
À son doigt brillait l’alliance.
« Marianne », souffla Vernier.
Claire prit sa main.
Victor resta debout.
Élise lui tendit la photographie.
Il la retourna.
Au dos se trouvaient une date et une phrase manuscrite.
Avril 1990.
Pour notre fils, quand il sera assez âgé pour connaître la vérité.
Victor ne bougea plus.
Élise calcula immédiatement.
Victor était né cette même année.
Vernier comprit à son tour.
« Non », murmura-t-il.
Victor releva les yeux.
« Quel âge avait Marianne en 1990 ? »
« Douze ans de moins que mon père.
Vingt-sept ans. »
« Était-elle enceinte ? »
Vernier hésita.
« Elle a quitté Marseille pendant plusieurs mois cette année-là.
Elle disait travailler à l’étranger. »
Claire ferma les yeux.
Victor regarda la photographie.
« Ma mère s’appelait Isabelle Delcourt. »
« La femme qui vous a élevé », dit Vernier doucement.
Victor releva brusquement la tête.
« Faites attention. »
Mais Vernier ne cherchait plus à le provoquer.
Il semblait presque triste.
« Marianne est revenue à Marseille en octobre 1990.
Elle refusait de nous dire où elle avait été.
Après cela, elle est devenue très proche de votre famille. »
Élise regarda la petite clé restée dans l’enveloppe.
Une étiquette de métal portait seulement un numéro gravé : 317.
« Vous savez ce que cette clé ouvre ? » demanda-t-elle.
Vernier secoua la tête.
Victor la prit.
« Peut-être. »
Tout le monde se tourna vers lui.
« Mon père louait des coffres privés dans une ancienne banque près de la place Vendôme.
Pas à son nom.
Ils utilisaient des numéros. »
Vernier le regarda longuement.
« Si ce coffre existe encore, nous y allons maintenant. »
Victor eut un rire bref.
« Vous pensez vraiment que je vais vous conduire à une archive familiale au milieu de la nuit ? »
« Si Marianne était votre mère, ce n’est plus seulement votre archive familiale. »
La tension remonta d’un coup.
Élise observa les deux hommes.
Quelques heures plus tôt, ils négociaient une alliance commerciale.
Maintenant, chacun cherchait dans le visage de l’autre les traces d’une femme disparue depuis vingt-deux ans.
Claire fut celle qui trancha.
« On ne résoudra rien ici. »
Elle regarda Victor.
« Vous voulez savoir qui